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carte de l'election presidentielle
En Alaska, plusieurs districts électoraux sont fusionnés pour se rapprocher du découpage administratif habituel, utilisé par exemple pour le recensement de la population.
En Virginie, pour des raisons de lisibilité et de cohérence d'ensemble, les independent cities sont fusionnées avec les comtés dont elles sont issues.

      Le recentrage de l'électorat Trump sur les Grands Lacs (c'est-à-dire sur la fameuse ceinture de la rouille, ou «rust belt»), par rapport à la vaste zone de force républicaine habituelle, est flagrante. Mais la carte de l'évolution de 2012 à 2016 est plus parlante encore, et améliore le point de vue.
      Autant l'électorat blanc le moins mélangé aux minorités raciales, rural, de petite ville ou de villes en difficulté a versé nettement dans le vote Trump, autant les minorités raciales soutenant d'habitude et dans de tout autres proportions le candidat démocrate — Noirs, Hispaniques et Amérindiens — ont, cette fois, été nettement plus chiches de leurs voix pour Mme Clinton qu'en 2012 ou qu'en 2008 pour M. Obama. Cela est patent dans les comtés du Sud-Est où les Noirs sont majoritaires dans la population: le stock de voix Obama ne se retrouve qu'au trois ou quatre cinquièmes sur le nom de Clinton, tandis que M. Trump n'augmente que peu dans les mêmes comtés. Il s'agit bel et bien d'une abstention préférentielle, aux dépens de la candidate démocrate. Autre illustration du phénomène: Mme Clinton perd des voix dans le Bronx, elle en gagne à Manhattan (elle en gagne encore plus si on exclut Harlem). Chez les Hispaniques, l'évolution est plus contrastée, mais ici le recours à la carte des évolutions est indispensable.
      Mais le plus terrible est ailleurs, à savoir dans l'accentuation des contrastes entre zones démocrates irréductibles et tout le reste du pays. Partout en zone rurale ou de petite ville, le vote sinon républicain, du moins anti-système, système tellement parfaitement symbolisé par Hillary Clinton, s'est amplifié. La caricature est atteinte autour de Washington, de Durham (Car. du N.) et d'Austin. Dans ces villes respectivement de fonctionnaires fédéraux, de recherche appliquée ou concentrant les institutions universitaires de l'Etat, Mme Clinton a réussi à augmenter sensiblement le pourcentage démocrate, alors que tout autour celui-ci régressait voire plongeait (au sud de Washington). Autre exemple caractéristique, à partir de Philadelphie, d'est en ouest: la ville centre ne modifie pas sensiblement son vote, tandis que sa banlieue ouest, à prédominance de profession financière ou immobilière, augmente nettement ses voix en faveur de la candidate par rapport à Obama. Dès qu'on sort de cette agglomération, le vote Trump prend le dessus et augmente par rapport à Romney en 2012.
      C'est évidemment cet aspect du creusement des contrastes qui doit retenir l'attention: M. Obama laisse une Amérique en large partie amère et plus divisée que jamais. Par la composition des deux électorats respectifs, on a assisté à un vote de type «brexit» à une échelle continentale.
      Donald Trump (républicain) élu président.