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menu 2016         cartes explicatives

      Les cartes d'évolution montrent qu'autant les Hispaniques de deuxième ou troisième génération du sud du Texas ou de très vieille souche de la haute vallée du Rio Grande ont retenu leur vote pour la candidate démocrate, voire l'ont accordé cette fois au candidat républicain, autant plus à l'ouest, à El Paso ou à partir de Tucson, l'ampleur de l'immigration récente s'est traduite d'abord par une dégradation du respect des règles de vie américaines, puis par un bellicisme parfois violent vis-à-vis des partisans de Trump, et finalement par un vote anti-Trump. Dans le sud-ouest des Etats-Unis, le vote républicain recule par submersion migratoire, exactement comme dans les banlieues françaises de forte immigration le vote Le Pen s'est tari par disparition des Français de souche.
      On a beaucoup devisé sur la «rust belt» (ceinture de la rouille) quant au vote qu'allait probablement gagner M. Trump. Pourtant, si c'est bien le basculement des Pennsylvanie, Ohio, Michigan et Wisconsin qui a propulsé M. Trump à la Maison Blanche, malgré une minorité en voix, le basculement de l'Iowa s'inscrit dans un mouvement électoral beaucoup plus large, celui d'une Amérique blanche épargnée par l'immigration non blanche ou hispanique. La «rust belt» suffit à expliquer la victoire de D. Trump en terme de grands électeurs, mais à la base le mouvement dépasse nettement cet horizon déprimé. Quant aux Mormons, ils ont préféré un petit candidat (McMullin) exempt des écarts et des éclats de M. Trump, raison pour laquelle ce dernier recule par rapport à M. Romney, lui-même issu des Mormons il est vrai.
      En revanche, M. Trump recule systématiquement dans les banlieues riches, où Mme Clinton progresse de façon équivalente. Ces zones, jusque 2004, ne cessaient de renforcer leur vote conservateur à travers tous les candidats républicains. En 2008 et 2012, elles ont tempéré leur vote républicain, sans être remarquées par aucun observateur. Cette fois, elles ont nettement accentué cette tendance en reversant une partie non négligeable de leurs voix à Mme Clinton. Dans les banlieues où les professions liées à la finance et à l'immobilier sont les professions les plus surreprésentées dans la population, ce revirement est plus net encore. A Atlanta, le «système» arrive à son port: la ville de CNN, fortement marquée par les minorités ethniques comme toutes les grandes villes américaines, est ceinturée d'une banlieue riche dont l'orientation anti-Trump ou pro-Clinton a rejoint la ville centre pour former un ensemble logique.
      L'autre grande révélation de ces élections est en effet que les grands médias américains se sont beaucoup rapprochés des médias européens. Le temps semble loin où le Washington Post, le New York Times et quelques revues de Boston faisaient figure d'exception dans un paysage médiatique ultra-conservateur...
      On pourrait parfaitement résumer la situation en parlant d'Amérique blanche non bénéficiaire de la mondialisation de l'économie mais refusant de disparaître en tant que telle, contre mondialisation satisfaite et acceptant les ghettos sociaux.
      En comparant les cartes d'évolution des deux principaux candidats à la carte de l'évolution de la participation, on voit qu'aucune des deux premières ne correspond à la seconde. Le mouvement essentiel n'est pas dans la conversion d'abstentionnistes au vote républicain (ou marginalement démocrate), mais bel et bien dans un transfert de voix entre les deux camps. Retour à la carte de 2016.