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FRANCE (accueil et
découpage électoral)

Histoire
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1914, carte des élus

      La crise des Inventaires occasionna un retour à une politique d'apaisement. Concomitamment, le système politique subit des critiques de fond sur son fonctionnement, lesquelles finirent par se concentrer sur le scrutin d'arrondissement, dénoncé comme générateur de véritables «mares stagnantes». Mais en 1914, ce débat est en perte de vitesse, et de toute façon les partisans de la «RP», socialistes et droite, seules victimes du système à dire vrai, ne sauraient en aucune manière constituer une majorité de gouvernement.
      À la tête d'une éphémère Fédération des gauches patronnant ici ou là des candidats de nuances diverses (cartographiés ci-dessus sous leur étiquette d'origine), Briand mène à cette date un large centre pour la défense de la loi, déjà votée, instituant trois ans de service militaire, et contre l'impôt progressif sur le revenu proposé par la gauche qui, elle, lutte contre les Trois ans. Quant aux droites, elles ont sur ces deux questions les mêmes positions que le centre, mais sont frappées d'exclusive (les progressistes parce qu'ils ont choisi le mauvais camp en 1899, et les anciens monarchistes en tant que tels).
      Cependant, nombre de candidats investis par le Parti radical, qui a adopté officiellement un programme très à gauche (contre les Trois ans, pour l'impôt sur le revenu), constatant l'inquiétude des électeurs vis-à-vis d'une supériorité numérique de l'Allemagne de plus en plus menaçante, renoncent in extremis à lutter contre les Trois ans.

      Sur le papier, la gauche de conviction gagne les élections. Mais c'est compter sans la méfiance des radicaux envers des socialistes par trop antimilitaristes et sans leur réalisme face à la montée des périls en Europe. Une majorité nouvelle, centriste élargie à gauche, déjouera les calculs, laquelle à la fois conservera les Trois ans et instituera un modeste impôt sur le revenu, non progressif.

      Dans la carte des résultats, le poids du monde ouvrier en général et de celui des mines en particulier frappe au premier abord. Partout où il y a des mines de quelque importance, il y a un député socialiste: Firminy, Decazeville, Carmaux, ou plus anecdotique aujourd'hui, St-Éloy-les-Mines. Mais les socialistes ne passent pas en Lorraine, pas plus que l'Allemand, auxquels ils sont assimilés à cause de l'origine de Marx.
      Par ailleurs, la droite s'étiole dans le Midi, cède la place dans l'Est, pour se réduire désormais à l'ouest du pays et à l'ouest de Paris, pendant que les socialistes remplacent les radicaux au coeur de leurs régions d'élection (plus le Nord, qui ne fut jamais radical), ceux-ci compensant par de nouveaux progrès dans le Sud-Ouest et le Bassin parisien. Le centrisme, lui, s'ancre dans la moitié nord de l'Aquitaine, remplace les nationalistes en Lorraine (chose permise par l'apaisement religieux), et est conforté dans l'ouest du Bassin parisien.