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FRANCE (accueil et
découpage électoral)

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1902, carte des élus

      L'affaire Dreyfus a donc fini par provoquer le reclassement politique le plus important sans doute d'avant 1914: derrière Waldeck-Rousseau ceux qui n'acceptaient plus les tergiversations d'un personnel pourtant indéniablement républicain face à l'agitation des Ligues nationalistes; dans l'opposition au ministère ceux qui voulaient avant tout défendre l'honneur de l'armée pour préserver l'outil de défense, quitte à mentir sur une question de pure justice.
      C'est dans l'ancienne mouvance opportuniste, rebaptisée progressiste que passe désormais la nouvelle ligne de fracture. Les uns acceptent de suivre le ministère: ceux-ci se disent «républicains», tout court (ce sont les futurs républicains de gauche). Les autres rejoignent le camp antiministériel (ceux-là conservent l'appellation de progressistes), où ils côtoieront, sans se mélanger cependant parce que n'ayant aucune affinité avec eux, les anciens monarchistes, les plébiscitaires et les nationalistes.
      Pour la première fois, un chef de gouvernement (W.-R.) appelait au rassemblement derrière son ministère de «défense républicaine», expression promise à la postérité puisque reprise en 1936 par les partisans du Front populaire et transformée plus tard en front républicain (expression à ne pas confondre avec celle de concentration républicaine, désignant une large mouvance républicaine sans extrêmes). Toutefois, au moment des élections, l'expression qui prévaut est celle de «Bloc des gauches» (première occasion où le mot «gauche» est employé dans son acception moderne et pour se reconnaître sur l'échiquier politique français).
      Les élections se déroulent après le vote de la fameuse loi de 1901 sur les associations. Elles se font donc sur la question religieuse puisque la dite loi avait écarté de son bénéfice les congrégations, ce qui revenait à les interdire, même celles qui enseignaient. Nombreux toutefois sont ceux qui, chez les anciens républicains, soutiennent le ministère sans approuver ses lois fondamentales; ceux-ci sont classés ambigus dans la carte ci-contre.
      C'est en 1902 que l'Est revient à droite, Est lorrain inquiet de la mise en cause de l'armée, dans une optique de possible conflit avec l'impétueux voisin. Les votes nationalistes y sont spontanés, détachés de toute récupération politique, contrairement à d'autres régions où quelques royalistes catholiques ultras trouvent par cette appellation le moyen de soulager des siècles de rancune religieuse envers le peuple juif déicide.
      La gauche gagne ces élections, et au sein de la gauche, les radicaux progressent davantage que les autres composantes. Et comme les seuls républicains modérés restés ministériels ne font plus le poids par rapport aux radicaux, ces derniers prennent les rennes du pouvoir; ce sera le ministère Combes.