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Législatives 2012: constatations après le premier tour



L'abstentionnisme

    Le taux d'abstention contasté hier est le plus élevé, non pas de la Ve République, mais de toutes les élections législatives depuis qu'il y a suffrage universel en France (au moins masculin), c'est-à-dire depuis 1848. Listons ces taux, par ordre décroissant:
    - 42,8% en 2012
    - 39,6% en 2007
    - 36,7% en 1852
    - 35,8% en 1857
    - 35,6% en 2002
    - 34,3% en 1988, etc.
    Hormis 1857, époque de vote comprimé et donc certainement pas référence démocratique, il faut constater que ce fort abstentionnisme correspond toujours à des législatives placées immédiatement après une présidentielle (1852 se situe après le plébiscite de décembre 1851, pouvant tout à fait être comparé à un scrutin présidentiel puisque celui-ci en évoquait le mandat). Il faudra bien, me semble-t-il, en tirer les conclusions qui s'imposent: mettre les législatives le même jour que la présidentielle, ou avant la présidentielle. Mais voilà: la première option serait simple s'il n'y avait qu'un tour, dans la mesure où il n'y aurait pas d'interférence entre les deux scrutins; le principe des deux tours mènerait à un imbroglio absolument imprévisible et peut-être rocambolesque! L'introduction d'une dose de proportionnelle serait-elle la solution à ce délaissement des urnes après des mois et des mois de campagne électorale? Nul ne le sait. Personnellement je ne suis tenté d'y croire que pour ceux qui sont actuellement privés de représentants à l'Assemblée.
    Sans doute le monde politique préférera-t-il l'interversion pure et simple des deux types de scrutin... Mais alors, les législatives seront revigorées tandis que la présidentielle en pâtira!

Les provinciaux refusent les décisions parisiennes

    Le candidat Vert imposé par Paris a été rejeté par la province qui, une fois sur deux, a placé en tête de la gauche modérée et dans la plupart des cas le PS exclu précisément pour avoir refusé le candidat tombé du ciel. Et de plus avec l'appui des élus socialistes locaux: ici un sénateur, là un député, partout plusieurs maires très importants. Les cas les plus fréquents se rencontrent en Bretagne, pourtant terre très tôt favorable au vote «écologiste»! Ce qui, ajouté à la quasi égalité en voix entre gauche et droite à l'échelon national, invite l'observateur à penser combien la France a modérément voté à gauche...

Le FN face au vote notabiliaire classique

    Le FN n'a évidemment pas conservé ses voix présidentielles, car le scrutin législatif est un scrutin notabiliaire et le demeure. Donc, les candidats de droite et de gauche bien vus par leurs électeurs et administrés ont capté ou conservé comme d'habitude une quantité de voix très supérieure à leurs homologues nationaux, au détriment bien entendu des parachutés ou des partis absents du tissu administratif local. Et, logiquement, le FN n'a réussi de percée que dans les quelques circonscriptions très médiatisées: Hénin-Beaumont, Vauvert, la 3e du Vaucluse à cause du nom Maréchal-Le Pen plus que grâce à une réelle implantation locale. Les trois impétrants ont-ils des chances d'élection?
    Oui pour les trois si la propension des électeurs de droite à préférer le FN à la gauche, constatée en 2011 (voir article ci-dessous) s'amplifie. Et il faut bien constater que le fossé voulu infranchissable par la gauche et les médias entre droite et ce qu'on appelait naguère l'extrême droite craque d'autant plus que le FN est fort, et particulièrement dans la région méditerranéenne, à climat psychologique différent du reste de la France. Car dans ce cas ce ne sont pas les 2/3 mais les 3/4, voire les 4/5 et pourquoi pas encore plus d'électeurs de droite qui iront voter dimanche prochain pour un de ces trois candidats. L'issue du scrutin la plus incertaine est à Hénin-Beaumont.


Quelques cartes significatives

legislatives 2012 abstentions Pour reprendre dans le même ordre, voyons d'abord les abstentions.

Elles sont dramatiquement élevées chez les Français de l'étranger, outre-mer et en zone urbaine populaire à forte population extra-européenne. Cela est déjà observable dans les scrutins européens notamment, mais le fossé semble se creuser avec ici la banlieue nord-est de Paris, là les quartiers nord de Marseille, ailleurs les banlieues de Lille, etc. A quoi il faut ajouter les circonscriptions frontalières du nord, phénomène lui aussi déjà observable à beaucoup d'autres scrutins.









legislatives 2007 et 2012 evolution de la gauche Les deux cartes suivantes sont des comparaisons entre 2007 et 2012, dans le cadre des circonscriptions nouvelles.

Pour cela, j'ai repris les résultats électoraux de 2007 que j'avais répartis, à partir du détail cantonal, dans le périmètre des nouvelles circonscriptions, ce qui m'avait permis de réaliser mes simulations de vote 2007 dans ces fameuses nouvelles circonscriptions.

Commençons par la gauche. Evidemment, elle se renforce davantage dans l'ouest que dans l'est de la France, mais cela est un phénomène de long terme, qui s'observe depuis plus de deux générations. On remarque l'allant de l'outre-mer. On remarquera aussi, en métropole et parce que cas très isolés, la très grosse progression de la gauche à La Rochelle (combat interne à la famille socialiste) et à Marseille 4e (circonscription pourtant sans rapport avec la ministre Carlotti).

legislatives 2007 et 2012 evolution de la droite






La droite est plus intéressante.

Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la carte de son évolution depuis 2007 ne correspond pas au négatif de celle de la gauche, beaucoup s'en faut. En effet, elle ne s'est globalement pas plus effacée dans l'ouest que dans l'est du pays. En revanche, ses baisses sont sévères dans la zone du bas Rhône, c'est-à-dire là où le FN a immédiatement été et est resté fort. Et là où les langues se délient, dans la perspective d'un second tour où l'attitude intransigeante vis-à-vis du Front national, de surcroît sur mot d'ordre parisien, ne passe plus chez les électeurs. On sent bien localement que la base, l'électeur de droite anonyme est bien plus proche du Front national que de la gauche, et depuis longtemps déjà. Et que s'il y a une région où l'accord se fera en premier, c'est celle-là.

Dans cette atmosphère, il est évident que le taux de report de la droite sur le FN y dépassera allègrement les 65% observés aux cantonales de 2011 à l'échelon national. Sinon la réunion de la droite du moins un accord entre les droites se fera-t-elle par la base, sur le terrain, au nez et à la barbe des dirigeants nationaux de l'UMP, eux-mêmes avant tout préoccupés du qu'en-dira-t-on médiatique?


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Vous trouverez sur le site fondsdecarte le fond de carte qui a servi à confectionner ces cartes...