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FRANCE (accueil et
découpage électoral)

Histoire
... variable récente
... ou « rollover »
 
oui



     La carte des "oui" au référendum de 2005 sur la constitution européenne ressemble à celle de 1992. Comme elle, elle correspond à l'évidence à l'ancienne France à forte pratique catholique.
    Et pourtant, la variable religieuse y a perdu de son importance, l'économie ayant cette fois joué le plus grand rôle. Plus particulièrement les menaces de délocalisation (sites isolés un peu partout en France mais plus fréquents dans le Nord et l'Est), ainsi que l'absence de politique commerciale protectrice de l'Europe (vivement ressentie dans le Languedoc viticole plus que partout en ce moment). Les régions agricoles en général ont rejoint le non, elles par peur de perdre la politique agricole commune. Sauf les régions d'élevage, en zone catholique tout au moins, et notamment l'Aubrac. C'est en cela que la carte garde un lien avec la pratique catholique passée ou persistante. A noter le revirement de la Côte d'Azur, rejoignant le oui des villes riches, malgré la présence du Front national, hostile à la constitution européenne. Là encore le social a été plus fort que le politique.
    Dans et autour des villes, les quartiers et communes riches ont beaucoup accentué leur vote proeuropéen par rapport à 1992. En toute logique, le monde des affaires apprécie l'effacement des frontières. À Paris et à Lyon, les quartiers à professions intellectuelles ont suivi de loin le mouvement. Mais comme dans ces deux agglomérations les quartiers populaires ont accentué leur vote hostile à l'Europe, le fossé entre élite et peuple y apparaît béant. Toutefois, d'autres espaces urbains ont vu s'exacerber cette dichotomie électorale à base sociale.
    Ainsi à Nice, où où on remarque la vieille ville encore à classes sociales populaires, entre Paillon et limite est de la ville, hostile à l'Europe, contre un Nice du XIXe siècle maintenant à classes favorisées, favorable à l'Europe. A Toulouse, pareil phénomène d'exacerbation des différences entre quartiers populaires de l'ouest et quartiers plus aisés du sud-est. A Bordeaux, même accentuation de la dichotomie bien connue entre nord de la ville bourgeois et reste plus populaire. Etc., etc. Alors que dans les villes moyennes de province, les classes tertiaires et diplômées se sont comportées comme les classes populaires, ce qui a fait disparaître les isolats de vote négatifs visibles sur la carte de 1992.