menu 2020     cartes explicatives

      Dans la carte la plus immédiatement intéressante, celle de l'évolution de l'écart entre les deux principaux candidats, les extrêmes sautent aux yeux là où ils font masse. On reconnaît évidemment le basculement pro-Trump du vote latino le long de la frontière mexicaine, ainsi que le vote mormon à cheval sur l'Utah et l'Idaho — qui avait plus que renâclé à un tel vote en 2016. Plus isolés mais qui ne peuvent passer inaperçus, on reconnaîtra les Cubains de l'agglomération de Miami.
      Côté démocrate, on observera Megalopolis et ses abords, jusqu'à Richmond et même Norfolk (la base navale et l'arsenal les plus importants du pays), plus évidemment l'Ouest, dans une vaste zone circulaire autour de la région mormone et allant jusqu'à la façade pacifique. Ailleurs, les évolutions favorables aux démocrates sont moins massives du point de vue territorial mais non moins importantes sous l'angle numérique: les banlieues ont accéléré leur revirement, entamé en 2012, renforcé en 2016, aboutissant bien souvent à une majorité démocrate dans des comtés où les républicains régnaient il y a seulement quelques scrutins. Comment ne pas observer ces gains centrés sur Dallas et Austin, sur Atlanta (ville siège de CNN), sur Minneapolis, mais aussi de façon à peine moins étendue sur Nashville (au centre du Tennesse), sur Indianapolis, sur Columbus (Ohio), ou de façon un peu plus diluée sur Saint-Louis, Kansas City, Detroit, ou plus dilué encore comme autour de Houston.
      Quid des Afro-américains? Le mouvement récent, intitulé Black lives matter semblait fait pour eux. Pourtant, la carte de l'évolution de l'écart en pourcentage des voix montre une grande dispersion de leur comportement; dans tel comté du Sud profond où ils sont majoritaires, ils offrent quelque gain aux démocrates; dans le Bronx, ils occasionnent sa baisse très nette. Au bout du compte, ces multiples démonstrations de force ont peut-être atteint le but que s'était fixé leurs organisateurs, c'est-à-dire concourir à empêcher la réélection de Donald Trump, mais sans rallier ceux qu'elles proclamaient victimes et en exacerbant dangereusement le divorce entre deux Amérique, l'intellectuelle (grosso modo le monde new-yorkais et désormais californien) contre la rurale (qui englobe rappelons-le celle des petites villes), qui commençaient déjà à sérieusement se toiser depuis les années Bush fils.
      68,5 % des citoyens américains en âge de voter l'ont fait en 2020. C'est le taux le plus élevé depuis 1904, époque de pleine chute de l'excellente participation du XIXe siècle vers les catacombes des années vingt. La répartition de la participation brute reste semblable à elle-même: orientée au nord, comme depuis cette sombre période, pendant laquelle le Sud ségrégationniste résista à un monde qui lui échappait en se barricadant et en organisant la compétition électorale locale à sa façon, chose dont tout le vieux Sud ne s'est visiblement jamais remis complètement mais dont l'élargissement à tout le sud doit aujourd'hui être associé à la carte des minorités ethniques, de la pauvreté, des familles monoparentales, etc. Quant à la carte de l'évolution de la participation, elle recoupe partout la première analysée, confirmant que les explications de vote ou de retournement de vote se situent bien ailleurs. Elle correspond davantage aux États en balance à ces élections, parmi lesquels se distinguent le Michigan, la Pennsylvanie, la Géorgie,
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