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        cartes explicatives

      Le nombre suffrages exprimés en 2012 équivaut à 59,7% de la population électorale potentielle (Américains citoyens âgés d'au moins 18 ans, soit 216 127 000 au recensement de 2010). C'est deux points et demi de pourcentage en moins par rapport à 2008. La carte de la participation (carte du haut, dans le menu), rapportée à la population électorale totale nous apprend notamment que les abstentions ont sensiblement augmenté dans la région de New York, zone visiblement perturbée par la catastrophe naturelle qu'elle vient de subir.
      En ce qui concerne les suffrages exprimés, on constate que les progrès du ticket républicain en zone rurale sont importants par endroits. On remarque évidemment l'Utah mormon et ses abords (passer la souris sur "religion" dans le menu) ainsi que le monde luthérien du nord des Grandes Plaines. La religion s'est donc invitée sans que personne n'y ait fait appel... A quoi il faut ajouter de gros gains logiques dans le Wisconsin, Etat de P. Ryan, colistier de M. Romney.
      Pourtant, M. Obama réussit à progresser ici ou là, même par rapport à la population électorale potentielle. D'abord selon cet axe majeur de la société et de l'histoire américaine que sont basse vallée du Mississippi et épine dorsale de la population noire à travers les Etats du vieux Sud jusqu'à la Virginie, par ailleurs région de pauvreté endémique, surtout du côté du Mississippi. Il progresse également là où les Mexicains sont extrêmement nombreux, au sud du Texas, ainsi qu'à Miami - ce qui dément l'annonce du délaissement du «vote du père» par les jeunes issus de l'immigration cubaine... Sans oublier les réserves indiennes du Sud-Ouest et du Dakota du Sud. Si trois des quatre grandes minorités ethniques des Etats-Unis ont maintenu voire renforcé leur vote Obama, les Blancs pauvres des Appalaches centrales, eux, ont littéralement fui ce même vote. A noter que si les zones rurales à la fois de minorités ethniques et de pauvreté chronique se reconnaissent sur la carte des évolutions favorables à Obama, les villes ne s'y observent qu'une fois sur deux: malgré leur concentration de minorités ethniques devenues autant de piliers du vote démocrate, le ticket présidentiel sortant n'a pas conservé tous ces électeurs urbains de centre de métropole. Enfin, dans un contexte de baisse globale, il résiste dans l'Ohio, où les mesures de sauvegarde de l'industrie automobile ont à l'évidence porté leurs fruits.
      Par ailleurs, l'incapacité du modéré Mitt Romney à convaincre les électeurs de la tendance tea party trouve son aboutissement logique dans l'échec de la conquête de l'Ohio, Etat par excellence des classes moyennes. Mais aussi dans la région de New-York, à cheval sur plusieurs Etats, zone du plus fort succès des tea party en 2010. Un autre Etat illustre cette incapacité d'un candidat trop modéré pour rallier la droite américaine: l'Alaska, Etat de Sarah Palin, un temps égérie de la mouvance tea party, où le candidat républicain ne progresse ni en voix brutes ni même en suffrages exprimés et où la participation chute d'un tiers par rapport à 2008 (qui n'était déjà pas une bonne année de ce point de vue!), entièrement aux dépens du ticket républicain. Compte tenu de ce dernier trait des résultats républicains et du comportement de l'Amérique rurale, on se prend à se demander si Rick Santorum n'aurait pas finalement fait mieux, en ralliant à la fois l'Amérique rurale et religieuse au moins aussi bien que M. Romney et l'Amérique des villes moyennes et surtout des classes moyennes, c'est-à-dire celle des tea party de 2010...
      Les enseignements sont donc cruels:
- renforcement général du vote racial, surtout: chez les Noirs, là où les Hispaniques sont majoritaires, chez la majorité des Amérindiens
- incapacité, pour l'instant, pour un candidat républicain modéré de rallier l'Amérique profonde, très conservatrice et anti-impôts
- intrusion de la religion dans le scrutin présidentiel.